Aurélie Biot-Worms se forme pendant plusieurs années auprès d’experts avant de fonder sa galerie en 2020. Installée en chambre à Paris IXe, elle sélectionne, au gré de ses découvertes et toujours avec un regard sensible, des tableaux et des dessins des XIXe et XXe siècles réalisés tant par des artistes à la notoriété établie que par des créateurs inspirés dont l’œuvre est à redécouvrir.
Ne se restreignant à aucun mouvement artistique, elle cherche avant tout à proposer un goût personnel privilégiant les compositions figuratives singulières qui séduisent par leurs qualités plastiques et leur justesse esthétique.
Aurélie Biot-Worms est lauréate 2024 du Prix Marcus du Jeune marchand acteur du patrimoine créé à l’initiative du SNCAO-GA sous le parrainage du Ministère de la Culture.
Georges BAUQUIER
(1910-1997)
Autoportrait, 1935
Crayon noir et estompe sur papier
Titré et daté au verso
60 x 45 cm
Provenance
Succession Simone Bauquier, épouse de l’artiste.
Né dans le Gard en 1910, Georges Bauquier manifeste dès l’enfance un grand intérêt pour le dessin.
Il suit une formation à l’école des beaux-arts de Paris à partir de 1934 avant d’intégrer l’école d’art dirigée par Fernand Léger en 1936 où il est élu massier. Un lien profond unit les deux hommes puisque l’élève devient le plus proche collaborateur du maître qu’il rejoint à Biot au début des années 1950. Outre la défense posthume de l’œuvre de Fernand Léger, Georges
Bauquier développe une œuvre picturale personnelle originale. À partir de 1950, il expose à la galerie Bernheim-Jeune puis à la galerie Louis Carré en 1953.
Le dessin occupe une place importante dans la pratique artistique de Georges Bauquier. Héritier de l’enseignement de Fernand Léger, l’élève fait primer le dessin sur le sujet y compris lorsqu’il s’agit d’un visage.
Dans cette conception moderne, l’artiste se libère de l’objet pour être exclusivement guidé par l’ordre plastique. Le visage devient alors un domaine d’ombre et de lumière dont il convient de lire chaque détail séparément. Nez, oreille, col de chemise sont rendus à leur existence de forme que dessinent des lignes et des courbes.
L’autoportrait réalisé en 1935 que nous présentons n’est pas une étude mais une œuvre autonome.
Les formes solides du visage et de la pipe et le pouvoir qu’exerce sur elles la lumière constituent l’objet du dessin. Il a été réalisé à une période charnière dans l’œuvre de Georges Bauquier qui découvre les leçons de Fernand Léger et les préoccupations qui animent le groupe “Forces Nouvelles” récemment créé.
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