La Galerie Utermann a été fondée en 1853 et est aujourd’hui la plus ancienne galerie familiale d’Allemagne, spécialisée dans l’art moderne classique, l’art d’après-guerre et l’art contemporain.
Depuis plus de 50 ans, la galerie se consacre à l’expressionnisme allemand et à l’art moderne classique, et compte parmi les galeries de référence dans ce domaine. Son engagement se concentre sur l’accompagnement et la constitution de collections d’art d’exception.
Emil NOLDE
(1867 – 1956)
Im Herbst
1910
Huile sur toile de jute
50 x 77.5 cm
Signé en bas à gauche : « E. Nolde »
Catalogue raisonné : Urban 381
Provenance
Succession de l’artiste
Expositions / Bibliographie
– Nolde Stiftung Seebüll, 1968.
– Emil Nolde. Der Zauber des kleinen Formats, 64e exposition annuelle
– 2020, Nolde Stiftung Seebüll, 2020, cat. d’expo., pp. 32–33.
Lorsqu’Emil Nolde s’installe en 1903 dans la solitude de l’île d’Alsen, sur la mer Baltique, il est encore en quête de son style.
C’est à Alsen qu’il découvre la couleur : « Le peintre s’était trouvé, les couleurs étaient devenues son langage. Autant la peinture m’avait paru difficile au début, autant je passais désormais d’un tableau à l’autre avec liberté et bonheur. »
À l’automne 1910, Nolde peint une série de 14 tableaux représentant pour la plupart une mer automnale agitée.
Le tableau « Im Herbst » fait également partie de cette série.
Les éléments contrastés que sont le ciel et l’eau s’entremêlent pour former un spectacle naturel agité. Le peintre a saisi cette atmosphère de manière immédiate et impulsive : « Par la fenêtre, le regard vagabondait librement au-delà de la mer, et on ne voyait rien d’autre que l’eau et les nuages […].» Le contraste complémentaire des couleurs renforce l’expression dynamique. Le premier plan reprend les couleurs automnales ocre, orange et jaune, ponctuées de touches violettes ; à gauche, une langue de terre verte s’avance avec agitation dans le tableau. À gauche, une bande de lumière jaune vif mène vers l’eau, animée par de quelques coups de pinceau dans des tons bleus. Ici aussi, l’ocre et le violet sont repris comme reflets du ciel. Le ciel agité s’étend au-dessus de la mer et du rivage. Un violet sombre domine le bord supérieur, réapparaissant en taches contrastées dans les nuages jaunes déchiquetés. Des taches bleu clair et surtout le jaune apportent de la lumière au ciel, illuminant l’horizon. Le style pictural dynamique et pâteux correspond aux nuages déchiquetés, à l’eau agitée et à la plage remuée au premier plan. À l’automne 1911, Nolde poursuit ce thème avec quatre autres tableaux.
Les voisins de Nolde, peu versés dans l’art, regardaient ses œuvres avec incompréhension, estimant que la nature était différente, mais Lisbeth Jäger, la petite voisine, prenait la défense du peintre : « Elle n’est pas censée l’être, c’est un tableau après tout. » L’enfant saisissait intuitivement l’intention de Nolde. Le critique d’art Botho Graef la confirme le 21 juin 1911 dans le Jenaische Zeitung : « […] l’essentiel réside dans la tension spirituelle avec laquelle l’artiste a vécu ce spectacle de la nature, et qui a fait jaillir de son for intérieur ces harmonies de couleurs retentissantes. »
(Cité d’après « Emil Nolde. Der Zauber des kleinen Formats, 64. Jahresausstellung 2020 », édité par Christian Ring, Nolde Stiftung Seebüll, 2020, p. 33)
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