PHILIPPE BISMUTH EXPERTISE

France

40 rue de Lubeck, 75116 Paris

 

Ancien expert en Tableaux Modernes auprès d’importantes maisons de ventes aux enchères et du Crédit Municipal de Paris, puis codirecteur de la Galerie des Modernes de 1998 à 2023, Philippe Bismuth à créé en 2025 PHILIPPE BISMUTH EXPERTISE.

Il propose une selection de peintures et sculptures du XXe siècle avec une prédilection pour la figure humaine et plus spécialement le portrait.

Maurice de VLAMINCK, Paysage d’Ile de France, c. 1916, Huile sur toile — Philippe Bismuth Expertise

Maurice de VLAMINCK
(Paris, 1876 – Rueil-la-Gadelière, 1958)

Paysage d’Ile de France

Vers 1916
Huile sur toile
Signée « Vlaminck » en bas à droite
54 × 65 cm — 21.3 × 25.6 in

Provenance
– Galerie de la Présidence, Paris; acquis en 1987
– Collection Lemoine, Paris
– Collection particulière, Paris

Bibliographie 
Figurera au Catalogue Raisonné de l’Oeuvre peint de Maurice de Vlaminck en préparation par le Wildenstein-Plattner Institute,

Attestation n° 24.05.30/21594 d’inclusion au catalogue raisonné digital
en préparation de l’œuvre de Maurice de Vlaminck par le Wildenstein-Plattner Institute

Datée par les spécialistes vers 1916, cette toile appartient encore à la période dite Cézannienne de Vlaminck. Le peintre affirme un langage pictural qui porte encore l’écho du Fauvisme mais s’en détache par une gravité nouvelle.

Depuis la rétrospective Cézanne organisée au Salon d’Automne de 1907 qui fut un choc pour toute la jeune avant-garde, Vlaminck médite sur la construction du paysage, la tension des formes, l’épaisseur de la matière. Il dira plus tard avoir ressenti face à Cézanne une jalousie posthume, celle d’un peintre découvrant qu’un autre, avant lui, avait déjà su donner au paysage cette force intérieure.

Sans jamais tomber dans l’imitation, il épure alors ses compositions, approfondit la structure, resserre sa palette autour de tons sourds, rompant avec la flamboyance purement coloriste de ses débuts.

À la différence de Derain ou de Braque, Vlaminck qui n’a pas versé dans le Cubisme, reste fidèle à la figuration et à la nature, mais cherche comme Cézanne, à exprimer la stabilité des choses, leur poids, leur présence. Sa peinture devient plus grave, plus construite, où la campagne d’Île-de-France devient un motif intérieur, tendu, presque dramatique.

Délaissant Chatou, Le Pecq et Bougival, qui étaient les lieux de villégiature de sa période fauve, c’est autour des villages du Vexin : Nesles-la-Vallée, Auvers-sur-Oise, La Roche- Guyon, qu’il trouve les paysages à la mesure de cette nouvelle manière. Des ciels plombés, des murs austères, des chemins bordés d’arbres sombres deviennent les supports d’une peinture tendue, structurée par de larges diagonales et des masses compactes.

Notre peinture réunit avec beaucoup d’harmonie l’ensemble des codes de cette période.

Vlaminck organise l’espace avec rigueur : composition structurée par un chemin diagonal, masses sombres des arbres, silhouettes humaines en retrait, ciel dramatique traité en larges empâtements.

L’influence cézanienne se ressent dans l’architecture du paysage, tandis qu’une sensibilité propre à l’artiste, dramatique, grave et solitaire, donne à l’ensemble une densité émotionnelle singulière. Loin de toute anecdote, Vlaminck affirme une modernité discrète, enracinée dans la terre, portée par une vision profondément humaine du monde.

La période Cézanienne qui aura duré une décennie, s’achève autour de 1917-1918, quand la guerre et les désillusions le ramènent à une peinture plus libre, plus expressionniste, encore plus sourde. Elle constitue ainsi une étape charnière entre le Vlaminck fauve et l’artiste plus sombre et expressionniste des années 1920.

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